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Pour le mesurer vous utiliserez le pied à coulisse. Voici les mesures à prendre au dixième de millimètre :
Les points de mesure h2 et Ø 2 sont un pis aller. Dans l’idéal il faudrait pouvoir les prendre à l’extrémité correspondant à l’entrée du canal, mais la découpe du bec nous enlève cette possibilité. En prenant ces mesures au milieu du bouchon nous trouverons par extrapolation celles qui devraient correspondre à son extrémité et qui nous permettront d’estimer sa conicité d’une part, son inclinaison d’autre part. Il suffit, pour cela de doubler la différence constatée entre h1 et h2, entre Ø 1 et Ø 2, ce qui nous donnera deux nouveaux points que nous appellerons h3 et Ø 3. Ils correspondent donc à la hauteur et au diamètre de notre bouchon tel qu’il devrait être avant la découpe du bec :
Ce travail étant fait, vous laissez de côté les mesures h2 et Ø 2 qui ne vous intéressent plus. Au cas où vous auriez constaté qu’il n’y avait aucune différence eentre Ø 1 et Ø 2 , cela signifierait simplement que le bouchon est cylindrique. Il suffirait alors de retenir la même valeur pour Ø 3 . Notez maintenant les résultats obtenus, de la manière suivante :
Il va de soi que vous ne modifierez ni la longueur ni le diamètre du bouchon ni la largeur du canal qui sont déterminés par l’instrument lui-même. Vous ne pourrez changer que sa hauteur. Il suffit souvent de l’augmenter de un ou deux dixièmes de millimètre. C’est par tâtonnement que vous trouverez la hauteur idéale pour un instrument donné. Rappelez-vous simplement que, le plus souvent, le dessus du bouchon remonte légèrement vers le biseau et qu’il est préférable, au début, de conserver cette orientation en ajoutant la même valeur aux deux extrémités. Pour une première tentative il peut être sage de réaliser un bouchon nettement trop haut qui vous donnera de la marge pour travailler. Rajouter 0,3 ou 0,4 mm aux valeurs de h1 et h3, en les appelant par exemple nh1 (nouvelle hauteur1) et nh3. Vous laissez maintenant de côté les valeurs h1 et h3 qui concernent uniquement l’ancien bouchon. Nous aurons aussi besoin du rayon à chaque extrémité : r1 et r3 (la moitié du diamètre). Les dimensions qui vous intéressent maintenant sont :
Ces données vous suffiront pour tracer et construire votre nouveau bouchon.
Traçage du nouveau bouchon Prendre un morceau de bois de section carrée plus grosse que le bouchon définitif, plus long que celui-ci de 1 ou 2 mm. Vous aurez pris soin de le scier de telle sorte que ses extrémités soient perpendiculaires aux côtés. Une de ces extrémités constituera la face avant de votre bouchon. Au rabot dresser 2 côtés à angle droit l’un par rapport à l’autre, ce que vous pourrez vérifier à l’aide d’une équerre. L’un de ces côtés deviendra le dessus de votre bouchon. Vous le choisirez en regardant une extrémité, sur laquelle vous verrez les anneaux de croissance (cernes annuels) de l’arbre. Choisissez pour le dessus la face qui vous permettra de disposer ces anneaux de croissance le plus près possible de la verticale. L'absorption d’humidité sera meilleure
En regardant de face un bouchon de flûte à bec vous constaterez qu’il comporte deux parties, l’une de section circulaire, son corps, sur lequel vient s’ajouter une "plate-forme", plate ou légèrement bombée qui s’insère dans le canal. Ces deux parties sont taillées ensemble dans le même morceau de bois. Avant de commencer il faut bien avoir à l’esprit ce profil. La jonction des deux parties s’appelle "l’épaule". Il y en a une de chaque côté.
Vous allez maintenant tracer ce profil sur votre morceau de bois. Etant donné que le bouchon peut être conique et que la partie s’insérant dans le canal peut être trapézoïdale (plus large à l’entrée qu’à la sortie) vous partirez du centre pour réaliser ce tracé avec précision.
Mesurez la largeur du morceau de bois. Réglez le pied à coulisse à la moitié de cette largeur. Vous l’utiliserez maintenant comme un trusquin. pour tracer avec un crayon taillé très fin un trait, sur le dessus et sur chaque extrémité, correspondant au milieu du futur bouchon. Vous prendrez appui chaque fois sur la face qui a été dressé perpendiculaire au-dessus.
Vous chercherez ensuite la distance à partir du dessus du bouchon où se trouvera le centre de la partie circulaire en faisant le calcul suivant : ôtez de la hauteur que vous voulez donner à votre bouchon le rayon de la partie circulaire (nh3-r3 nh1-r1). Réglez votre pied à coulisse au chiffre obtenu et utilisez-le façon trusquin pour tracer un trait horizontal sur chaque extrémité en prenant appui sur le dessus. N’oubliez pas que vous pourrez avoir à utiliser une valeur différente à chaque bout.
Vous aurez ainsi tracé une croix dont l’intersection sera le centre de la partie circulaire. Dessinez maintenant le contour de celle-ci en utilisant de nouveau le pied à coulisse, mais cette fois à la manière d’un compas, après l’avoir réglé au rayon du cercle. Posez un des becs pointus au centre et tracez votre cercle avec l’autre bec. Prenez garde de ne pas déraper. Effectuer votre tracé par petites étapes afin que les fibres du bois ne dévient pas les pointes. Au besoin vous pourrez accentuer ensuite ce cercle au crayon afin de le rendre plus visible. Chaque extrémité ressemblera maintenant à ceci
(Ceux qui possèdent un tour à bois peuvent utiliser cette machine pour tourner à chaque bout un petit cylindre qui remplacera avantageusement le cercle tracé au pied à coulisse. Il faut simplement prévoir en plus de la longueur du bouchon la place de ces cylindres qui seront supprimés ultérieurement). Il vous reste maintenant à dessiner le canal sur le dessus. A partir du trait central vous marquerez ses quatre angles en utilisant le pied à coulisse comme un compas. Réglez-le à la moitié de l1 et de 12 et posez un bec sur le trait central. Faites basculer le pied à coulisse pour marquer un point à cette distance d’un côté du trait. Répétez l’opération de l’autre côté, puis refaites de même à l’autre bout. N’oubliez pas que la largeur peut être différente aux deux extrémités. Rejoignez ces points au crayon à l’aide d’une petite règle ou du bord d’une équerre. Vous pourrez aussi tirer 4 petits traits à l’équerre sur les extrémités à partir de ces points pour faire apparaître le profil complet du bouchon et rendre visibles les épaules.
Votre bouchon est maintenant entièrement tracé. Vous pourrez commencer à le découper. Découpe et ajustage du bouchon Pour les opérations qui suivent il est indispensable de fixer le morceau de bois
dans un étau, afin de pouvoir travailler des deux mains. Au besoin garnir les mors de
celui-ci d’un morceau de cuir pour ne pas endommager la pièce en la serrant.
N’essayez pas d’enlever trop de bois à la fois, mais seulement un copeau très fin. Dès que vous aurez atteint le fond de votre trait de canif incisez-le de nouveau car c’est lui qui vous empêche d’entamer par accident la "plate-forme" qui s’insérera dans le canal. Dès que vous aurez atteint le cercle dessiné aux deux extrémités, arrêtez-vous et refaites de même de l’autre côté. Vous obtiendrez ceci
Vous attaquerez maintenant le corps du bouchon.
S’il s’agit d’un bouchon de petite taille (pour flûte soprano) vous réaliserez entièrement ce travail au ciseau. Pour un bouchon plus grand vous trouverez peut-être plus aisé de commencer la partie inférieure au rabot car cet outil est plus facile à diriger. Surveillez attentivement votre progression car au rabot cela va vite et l’on ne voit pas très bien ce que l’on fait. La partie supérieure qui comporte les épaules sera dégagée uniquement au ciseau à bois. Le rabot risquerait, par son encombrement d’entamer la "plate-forme" du canal. La finition peut se faire au ciseau, au racloir, avec une petite lime ou encore en grattant avec le canif. Votre bouchon sera prêt à ajuster dans l’instrument. Présentez-le une première fois à sa place. S’il est conique il rentrera peut-être déjà dans son logement. S’il est cylindrique il y a des chances, par contre, qu’il ne rentre pas du tout. Notez les endroits qui le bloquent et taillez ceux-ci au ciseau, au racloir ou à la lime selon la quantité de bois à retirer. Il pénétrera ensuite un peu plus loin. Vous procéderez ainsi par ajustages successifs. Travaillez lentement et avec beaucoup de patience. Si vous essayez d’avancer trop vite vous risquez d’endommager ou de fendre le bec de la flûte. Il peut être préférable de faire pénétrer le bouchon en le tapotant très légèrement avec un petit maillet en bois que de le forcer trop brutalement à la main. Introduisez-le donc avec précaution. Là où il se coince le bois sera rendu brillant par le frottement. C’est là que vous devrez le tailler ou le gratter. Contrôlez en même temps que vous ne soyez pas en train de retirer trop de bois ; vous pourriez laisser par endroits des espaces qui nuieraient à l'étanchéité. Il y a moins de problèmes lorsque le bouchon est conique car il se coince à chaque fois naturellement dans son logement. L’ajustage est meilleur et il risque moins de rentrer d’un coup, fendant la flûte à son passage. Un bouchon cylindrique exige davantage de prudence. N’avancez que de quelques millimètres à chaque fois. Vous aurez terminé lorsque la face avant du bouchon se trouvera alignée par rapport à la partie correspondante de la flûte.
Nota : l’auteur décline toute responsabilité pour les accidents éventuels pouvant survenir tant aux Réglage de la sonorité Nous abordons maintenant la phase la plus importante : la fabrication du timbre par le réglage du dessus du bouchon. Celui que vous venez d’ébaucher est pour l’instant trop haut, si vous avez bien suivi les instructions données. Placez-le dans la flûte et essayez de souffler. Le son sera très poussif. Les notes les plus graves et les plus aiguës ne sonneront peut-être pas du tout ou seront très difficiles à articuler. Vous allez petit à petit diminuer la hauteur de ce nouveau bouchon jusqu’à ce qu’il se situe juste en dessous du biseau. En même temps vous ajusterez sa surface afin de régler son inclinaison, son profil légèrement concave ainsi que sa régularité en faisant attention aux points suivants : Ces données vous permettront de réaliser un premier bouchon qui devrait fonctionner convenablement. Il n’y a toutefois pas de recette unique pour toutes les flûtes, chacune ayant ses paramètres propres. Vous serez peut-être amené à continuer à tâtonner pour obtenir les résultats optimaux sur un instrument donné. La suite de cet article se présente sous la forme d’une énumération de différentes méthodes que vous pourrez employer pour régler votre bouchon en fonction de ces critères. Parfois deux techniques sont données pour réaliser une opération spécifique. Ce sera à chacun de choisir celle qui lui convient le mieux. Il va sans dire que cette énumération n’est pas exhaustive et qu’il y a beaucoup de place pour l’innovation personnelle dans ce domaine. Chaque technique n’est expliquée qu’une fois, même si elle peut être utilisée à des étapes différentes du travail. Les paragraphes sont numérotés afin de permettre le renvoi à des méthodes déjà décrites. L’ordre de présentation n’est pas forcément chronologique, les différentes opérations étant le plus souvent imbriquées les unes dans les autres. Pour cette raison il est souhaitable d’avoir lu et assimilé l’article entier avant de se mettre à l’ouvrage. Les moyens de mesure et de contrôle sont regroupés à la fin. N’oubliez pas que ces méthodes peuvent nécessiter un apprentissage. Il peut être utile de s’exercer à manipuler un outil avec lequel on n’est pas bien familiarisé avant de réaliser une opération critique sur le bouchon. 1. Dégrossissage du dessus du bouchon 1.1 Votre bouchon est encore trop haut. Vous pourrez réduire sa hauteur de la manière suivante Prenez une écouenne (ou à défaut une grande lime plate à grosse denture ou du papier abrasif grain 240 posé à plat sur une surface plane). Tenez l’outil d’une main, le morceau de bois de l’autre, en appliquant le dessus du bouchon contre les dents ou cannelures. Donnez au bois un mouvement de va-et-vient, d’avant en arrière en vous assurant qu’il est en contact de toute sa longueur à la fois (fig. 1.1.1). Vous constaterez que l’outil coupe dans un sens mais pas dans l’autre. Si le dessus du bouchon doit avoir une forme courbe vous pourrez commencer à travailler sur les côtés en basculant légèrement le bouchon, pour revenir progressivement vers le milieu (photo). Il se peut que ce travail laisse des "facettes". Vous les supprimerez par la suite, mais avant d’avoir atteint la hauteur définitive sinon vous risquerez d’avoir en finale un bouchon trop bas (voir § 3.3.1, 3.3.2)
Arrêtez-vous souvent pour prendre des mesures et pour contrôler votre progression en plaçant le bouchon dans la flûte. Dès que vous verrez apparaître l’arête du biseau en un point quelconque vous approcherez du but. Travaillez donc plus lentement afin de ne pas aller trop loin. 1 .2 Vous pouvez aussi effectuer cette même opération en remplaçant la lime ou l’écouenne par une feuille de papier abrasif posée sur une surface rigoureusement propre et plane. Vous commencerez par un grain plutôt gros (180, 240) pour finir ensuite avec un grain plus fin (320). Vous pourrez même combiner ces deux méthodes en commençant à l’écouenne en passant au papier abrasif lorsque vous vous rapprocherez du biseau. 1 .3 Si vous n’y prenez garde vous pourrez engendrer une surface convexe, car il est plus facile d’appuyer aux extrémités du bouchon qu’au milieu. Contrôlez fréquemment votre travail et, si cela vous arrive, supprimez cette convexité (au racloir ou en grattant avec un canif : voir § 3.1 & 3.3) avant de continuer car elle pourrait s’accentuer. Pour l'éviter, un moyen simple consiste à utiliser la technique décrite en 1.2 avec une bande de papier abrasif plus étroite que la longueur du bouchon, le papier étant tenu perpendiculairement à celui-ci. Son milieu sera d'avantage entaillé que ses extrémités. Soufflez maintenant dans la flûte. Elle aura gagné un peu en volume. 2. Découpe du bec 2.1 Jusqu’ici vous aurez laissé le bouchon intact afin de pouvoir mesurer sa hauteur aux deux extrémités et ainsi évaluer son inclinaison. Lorsque vous aurez atteint la hauteur et l’inclinaison désirées, vous pourrez découper le bec, ce qui vous permettra d’articuler les notes avec beaucoup plus de facilité. 2.2 Placez le bouchon dans la tête de l’instrument, puis serrez celle-ci dans l'étau, le canal vers le haut. Faites une première découpe grossière avec une scie à découper en suivant à peu près le contour du bec, et en vous laissant une marge afin de ne pas entamer le bois de la flûte, qui ne sera pas marqué par les mors si vous les garnissez de cuir. Au moment d’entamer le bouchon donnez vos coups de scie de l’extérieur du bois vers le centre afin de ne pas arracher un coin du bouchon.Une fois que vous aurez pénétré dans le bois il n’y aura plus de risque et vous pourrez avancer plus franchement.
3. Les techniques de finition du dessus du bouchon 3.1 Pour retirer des endroits saillants (convexes) et pour donner au-dessus du bouchon son profil concave 3.1.1 Le racloir est un outil efficace. Il a naturellement tendance à creuser, donc à réaliser une formé concave lorsque le bois est tendre. Son emploi est difficile aux extrémités du bouchon car il lui faut 1 ou 2 mm de course pour "mordre" vraiment. Il faut travailler dans le sens du fil du bois. Le racloir se tient des deux mains, le bois étant dans l’étau. 3.1 .2 Vous pouvez aussi utiliser une petite lime plate. Les limes-aiguille conviennent parfaitement en raison de leur faible encombrement. Selon la quantité du bois à retirer vous utiliserez une lime dure, demi-dure ou douce. Tenez la lime des deux mains. Le travail à la lime est plus facile qu’au racloir mais moins rapide. 3.1.3 Vous pourrez également employer une lame de couteau effilée (type couteau de modéliste). Vous gratterez le bois avec la lame tenue presque droite, sans le couper donc, en enlevant des copeaux très fins. Vous travaillerez soit à main levée (l’outil dans une main, le bois dans l’autre), soit à l’étau. 3.2 Pour retirer une hauteur excessive sur toute la longueur du bouchon 3.2.1 Utilisez l’écouenne ou la grande lime (voir §1 .1) ou une morceau de papier abrasif posé sur une surface plane.(voir § 1 .2). Si celui-ci est plus étroit que la longueur du bouchon vous pourrez en même temps améliorer la concavité, car le milieu sera davantage usiné que les extrémités. (voir photo ci-dessous) Veillez à ce que seule la partie trop haute soit en contact avec l’outil ou l’abrasif.3.3 Pour aplanir des facettes laissées par I’écouenne sur un bouchon courbe 3.3.1 Vous pourrez employer les mêmes techniques que pour supprimer les endroits convexes, c’est à dire le racloir (§ 3.1.1), la lime-aiguille plate (§ 3.1.2) ou la lame de couteau (§ 3.1.3) en travaillant sur toute la longueur des arêtes qui séparent ces facettes (voir fig. 3.3.1 & les photos ci-dessous)
4. La taille du chanfrein 4.1 Le chanfrein constitue une partie importante du bouchon car il modifie les turbulences pouvant se produire à la sortie du canal. Pour bien fonctionner, il doit être uniforme dans son inclinaison (environ 45°) et dans sa largeur (entre 0,5 et l mm). Par ailleurs il doit être très nettement dessiné avec une arête bien franche. C’est cette arête qui délimite le point de sortie du canal. Pour le tailler plusieurs techniques sont possibles. En voici deux : 4.2 Au ciseau à bois
4.3 A la lime C’est plus facile mais le résultat peut être moins net. Serrez le bouchon incliné dans l’étau (voir fig. 4.3). Une lime-aiguille plate (ou "barette") est l’outil qui convient.
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