La flûte à bec dite "Ganassi", couramment utilisée aujourd'hui, n'est pas stricto sensu un instrument ancien, mais plutôt une idée contemporaine, librement inspirée de la flûte alto en sol n° SAM 135 de la collection du Kunsthistorisches Museum de Vienne, en Autriche,
dont les données techniques sont publiées dans le catalogue du musée.
L'original, qui date de la Renaissance, n'est sans doute pas un instrument soliste, mais semble avoir tout simplement fait partie d'un petit quatuor. Il a une tessiture d'une octave et d'une sixte seulement, du sol1 au mi2, et ne permet pas l'utilisation des doigtés des notes aiguës donnés dans les tablatures de la Fontegara.
La version moderne ci-dessus, de conception un peu différente, possède une étendue de 2 octaves et demie, avec les doigtés Ganassi.
Cet instrument ne constitue pas forcément le meilleur choix pour jouer le répertoire pré-baroque puisqu'aucune des tablatures du 17e siècle ne fait mention de ses doigtés, ce qui laisse entendre que son profil de perce et, par conséquent, sa sonorité ne correspondent pas à la musique de cette époque.
Pour le répertoire du 17e siècle voir les flûtes pré-baroques.
Les flûtes "Ganassi" soprano, alto en fa et ténor n'ont sans doute jamais existé dans le passé et devraient plutôt être considérées comme des instruments modernes.
De plus, la notion même de flûte à bec "solo" ne semble pas s'appliquer à la Renaissance.